Sortie de crise ? Nicolas Sarkozy aux Jeux Olympiques de Pékin 2008 ! EDITORIAL
LE
BON CHOIX, SAGE,
RESPONSABLE, DE NICOLAS SARKOZY Les raisons peuvent être multiples : une démarche qui honore les sportifs du monde entier, une analyse pragmatique et pertinente sur l’évolution de la Chine moderne, un clin d’œil amical au peuple chinois, un dialogue annoncé entre Pékin et les émissaires du Dalaï-Lama, le rapprochement de la Chine continentale avec Taiwan, une volonté affirmée de réactiver favorablement les relations avec la Chine, un pari sur l’avenir des relations économiques, culturelles et géopolitiques avec le « futur N° 1 mondial » ou plus simplement ….. l’affirmation de sa liberté d’action et un regard "lucide et positif"du Président sur l’ensemble de ces questions et de leurs enjeux. Toujours est-il que l'on pourrait sortir d'une importante crise et d'une polémique lançée, seulement par quelques uns, qui se sont appropriés d'une façon "très stratégique et médiatique" un débat conflictuel, en jouant sur l'avenir de la Chine et des relations entre nos deux pays, sur l'émotion et sur les concepts d'un des pouvoirs religieux, mais surtout politique en exil. De plus, ces personnes, à l'origine de la polémique, n'ont pas joué l'apaisement, la paix, le dialogue qui se construisent dans le calme. N'est-ce pas le meilleur choix des hommes ? Bien au contraire, ils ont radicalisés la notion des droits de l'homme, qui évolue en Chine, sans tenir compte d'un grand pays en réforme et qui compte près de 1.4 millards de personnes. La sagesse aujourd'hui l'emporte. Nous devons bâtir le monde. Une démocratie, même à la chinoise, ne se construit pas en quelques semaines. Pourtant, ce voyage restait bien hypothétique il y a quelques semaines. Nous avons tous en mémoire une médiatisation occidentale et européenne sans précédent sur la Chine « de tous les défauts »…dans une parenthèse récente, brève mais turbulente qui a concernée pêle-mêle : la perturbation de la cérémonie à Olympie par RSF, le passage honteux de la flamme olympique à Paris, sans compter la traduction des événements liés au Tibet dans de nombreux médias, puis, dans un mouvement global, une Chine mise à mal dans de nombreux domaines. Comme l'indique Madame Madeleine Barbier, dans l'éditorial de Chine Plus (www.chineplus.net) qui souligne la complexité de l'exercice " : vouloir, lorsque des crises éclatent au sein de la commuauté des hommes, aider à leur apaisement fait partie du meilleur de la nature humaine" Ainsi, la plupart des analyses sur la Chine et le Tibet furent souvent stéréotypées : connaissances sur ce pays très peu exhaustives, affirmations hâtives de certains acteurs qui privilégièrent le sensationnel aux faits, commentaires émotionnels, images tronquées prises au Népal, publicité pour certains, débats orientés… Tout ceci fit presque l’unanimité de l’opinion publique liée aux sondages. Cet amalgame « anti chinois » provoqua une onde de choc. Il fut ressenti à juste titre comme étant injuste par les Chinois et par bon nombre d’occidentaux connaissant bien l’évolution de la Chine moderne et sa société. Ils furent souvent jugés « politiquement incorrects » lorsqu’ils s’exprimaient démocratiquement, pacifiquement, librement et différemment, en souhaitant simplement recadrer librement le débat sur la Chine et le Tibet, dans les faits, le calme et la vérité. Voici pourquoi, à la veille de la magnifique fête sportive mondiale des Jeux Olympiques de 2008, il parait vital de reprendre la parole, la dignité, les valeurs et la hauteur et de poser des thématiques, de rappeler les faits, de parler de la vraie Chine en mouvement, et dans le respect mutuel, de tenter de recadrer le débat. C’est aussi pour ces raisons qu’il apparaît comme essentiel : De retrouver la paix, l'amitié et l'intimité avec la Chine, ses dirigeants et son peuple ; De renforcer les liens amicaux, culturels, économiques, politiques avec la Chine ; D'en terminer avec la polémique publicitaire de certains groupes minoritaires profitant du concept qu'ils s'approprient "des droits de l'homme" en Chine et du Tibet, alors que la Chine se réforme et avance dans ce sens ; De considérer la Chine comme une grande nation développée et en devenir ; De ne plus heurter maladroitement les dirigeants chinois et de respecter les chinois du monde ; De ne considérer le Daila Lama, que comme l'un des chefs spirituels du bouddhisme qui a différents courants ; De coopérer avec ce pays et de considérer le développement de la Chine, ses réformes en cours ; De suggérer et d'encourager les médias à être plus justes et impartiaux ; De respecter les leaders spirituels, mais d'analyser les aspects et leurs revendications politiques ; De construire un monde plus juste, multipolaire pour servir toutes les nations On peut contester certains points qui paraissent faibles ou négatifs sur la Chine, mais quand est t-il de ses évolutions extraordinaires et de ses nombreux atouts annoncés dans les médias, outre l'économie. ? De ses multiples attraits ? De ses efforts considérables pour devenir un pays moderne ? La Nouvelle Chine est une grande nation qui représente le cinquième de l'humanité. Affrontant les souffrances, les humiliations, puis les épreuves du XX ème siècle, elle s'est reconstruite, seule, pas à pas, entre tradition et modernité. La Chine s'est ouverte au monde, en quelques dizaines d'années avec les succès économiques que l'on connait puis des réformes continues : économiques, politiques, culturelles, réglementaires, technologiques, éducatives, sportives, juridiques, sociales, cultuelles, environnementales engagées dans tous les domaines, y compris au regard de l'évolution de ses médias, d'une société d'aisance, des droits à la spiritualité et des droits de l'homme qui évoluent régulièrement, quoiqu’on en dise. Beaucoup de nos nations occidentales et peuples européens ont connu ce même cheminement qui a nécessité plus de deux à trois siècles, avec de mêmes atouts et des difficultés identiques (colonisations, guerres, laïcité, respect des courants spirituels, succès, épreuves économiques, sociales, politiques, institutionnelles, débats externes et internes, suffrage universel, abrogation de la peine de mort), ce qui a finalement construit notre identité récente et notre histoire toujours en construction. La Nouvelle Chine, comme un adolescent qui grandit très vite, est sur ce chemin et la Chine construit pas à pas son modèle de devenir. Les Occidentaux comme les Chinois eux-mêmes ne peuvent dire aujourd’hui avec exactitude ce que sera la Chine de demain. Elle joue aujourd'hui un rôle de premier plan au niveau international. Elle sera, sans incident majeure, le leader planétaire de demain. La stabilité politique de la Chine, de ses frontières, ses réformes contre la corruption et pour construire une société d'aisance, son désir d'évolution, son ouverture réelle, sa diplomatie multilatérale, son souhait de construire une société harmonieuse, son rapprochement avec Taiwan, l'importance qu'elle attache à des relations pacifiques mondiales, forment des atouts incontestables pour aujourd'hui, demain et un monde multipolaire. Il parait important pour toutes les nations modernes de défendre leur politique, leur territoire, leur laïcité, leurs réformes et leurs orientations de bonne gouvernance pour l'égalité de tous. Dans le cadre de ses évolutions, la Chine, Etat laïque comme la france, est favorable au respect des religions, des spiritualités et au bien-être de ses nombreuses ethnies... Mais il ne peut y avoir favorablement de place en Chine comme dans les nations modernes pour "la division des peuples" et le "non contrôle de l'Etat" dans ses fonctions régaliennes : la loi et la règlementation, la protection des populations, l'éducation, etc. La théocratie n'est plus du goût de notre époque. Les démocrates occidentaux souhaiteraient-ils un nouvel Etat avec un gouvernement religieux ? Même habillée de "bonnes intentions démocratiques" il présenterait de très graves dangers. Il s'agit de modèles totalement "anti - démocratiques". Certains responsables tibétains en exil prônent une idéologie et des règles strictes qui combattent par exemple l’homosexualité. Ils disent vouloir exclure les autres populations non tibétaines... Radicaux, ils sont également contre les mariages mixtes et pour le respect du « sang pur » ..... Nous sommes loin du discours pacifique. Cela nous rappelle d'autres tristes époques. Est-ce cela le progrès annoncé ? Qu'en serait t-il des femmes dites intouchables "qu'il ne faut pas toucher", de la santé et de l'éducation des enfants ? Au regard du respect des nations et de la bonne gouvernance des peuples, il ne parait pas logique que des courants religieux ou spirituels osent aborder aujourd'hui des revendications territoriales, qu'il s'agisse des mouvements religieux classiques ou de l'un des courants bouddhiques dans le monde. Il y a danger. Ces dimensions et leurs pratiques religieuses sont à protéger et à respecter dans leur dimension indivividuelle, culturelle, spirituelle et philosophique : pas pour un retour en arrière, ni avec les armes à la main. Il parait encore plus surprenant lorsqu'ils sont appuyés par des progressistes. Et puis il y a la croisance chinoise continue à plus de 10 % en moyenne depuis plus de 10 ans. Oui, les Chinois consomment, apprennent à communiquer, voyagent en Chine et au delà et ils inventent leur société. Ce que nous souhaitions faire après la seconde guerre mondiale. Et ce que nous faisons. Peut-on leur reprocher ? Certes, la société chinoise moderne génère des problèmes et des inégalités que nous avons connus et que nous connaissons encore en Occident. Aujourd'hui, la pauvreté selon les critères internationaux régresse à une vitesse exponentielle et les classes moyennes souhaitent s'acheter une machine à laver, des logements décents, une voiture, du confort.... à faire des études à leurs enfants. C'est beaucoup mieux que la misère et la notion parfois abstraite des droits de l'homme, notion qui est à relativiser lorsque des hommes ne peuvent pas se nourrir, se vêtir, s'éduquer, vivre ou survivre. Au niveau de la croissance rapide, certes, on le dit, « ce n'est pas bon pour l'environnement ». Mais les chinois n'en serait-ils pas conscients ? Un vaste programme est lancé Chine à la fois pour promouvoir l'environnement durable, réduire les inégalités entre les personnes (au regard du PIB Moyen), favoriser les ethnies, investir notamment au Tibet qui vivait auparavant dans l’absolutisme, le servage et l'esclavage. L'objectif de la Chine est également de réduire les inégalités entre les provinces côtières riches et les provinces plus pauvres, de l'intérieur et de l'Ouest du pays. La Chine sera, selon ses orientations politiques internes, internationales et son modèle de développement une société originale, mais plus juste et plus "démocratique selon la culture et la philosophie chinoises". Pour ce peuple, la première des libertés n'était-elle pas de pouvoir manger à sa faim, d'être mieux éduquée, d'avoir accès aux soins, de retrouver sa dignité et d'avoir le droit de construire son propre modèle ? L'avènement brutal et trop rapide d'une démocratie "du type occidental" en Chine briserait sans aucun doute l'élan de la construction actuelle et provoquerait une chute du pouvoir d'achat, des rivalités entre les pouvoirs locaux, des inégalités bien plus fortes, et à terme, un éclatement du pays. Evoluant dans sa communication, comme nous l'avons fait précédemment, elle construit un modèle différent. Nous devons considérer la Chine différemment, comme un partenaire à fort potentiel économique, humain et culturel. Allons en Chine et regardons le dynamisme époustouflant de cette société, l’énergie de sa population, ses avancées spectaculaires dans tous les domaines, et nous pourrions être étonné de la vitesse d'évolution positive de cette grande nation. Avons-nous raison de critiquer sans cesse la Chine, de nous considérer comme le centre du monde ? Nous avons des qualités, des atouts, des difficultés, moins des leçons à donner. Ou plutôt, nous devons essayer de comprendre, de regarder, de partager et d'échanger. Pour le vérifier, allons sur place en Chine, pour se rendre compte sur place, en parlant avec des chinois du peuple et des tibétains, et les autres, etc. Bien sûr tout le monde ne sera pas d’accord ! Il y aura toujours dans tous les pays des gens en désaccord, négatifs. Regardons, chez nous, les difficultés que nous connaissons pour construire l’Union européenne, contrôler et lutter contre le terrorisme, rénover, pour lutter contre l’insécurité, réformer le pays, redresser l’image de notre pays, partager, réduire les inégalités, promouvoir les valeurs et le respect ! Respectons nous, apprenons la tolérance, la différence, le respect des autres modèles, surtout lorsque ceux-ci évoluent favorablement. Redonnons toute sa place à l’amitié franco-chinoise, sans aucun tabou. Ceci, plutôt que de pointer uniquement "ce qui va mal", en gros plan, en traitant ce pays de dictature, ce qui est de l'ordre du passé, pour les connaisseurs avertis de la Chine. Soyons éducatifs pour nous même, pour nos lecteurs, avec un vrai regard sur la Chine. Le peuple chinois, à la culture cinq fois millénaire, comme les dirigeants politiques ne sont pas plus ignorants que les autres. Bien au contraire. Lorsque l’on connaît la beauté de la Chine, sa richesse humaine, ses épreuves passées, ses nouveaux atouts, ses traditions millénaires, sa modernité étonnante et son évolution économique fulgurante, ses réformes actuelles, on ne peut que mieux comprendre pourquoi les Jeux Olympiques de Pékin 2008 constituent un rêve pour le monde, un enjeu de fierté nationale pour tout le peuple chinois, au delà des frontières. La Chine, troisième puissance mondiale, est en train de réussir ce pari incroyable de se moderniser chaque jour à une vitesse surprenante et de s'intégrer dans le monde moderne tout en conservant ses valeurs ancestrales. Aujourd'hui, la Chine constitue le plus grand chantier de l'histoire planétaire. Avec ses qualités et ses défauts. Laissons-lui le temps de construire sa propre histoire. Dr
Pierre Picquart
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