|
|
| |
|
Libre
tribune |
| |
Cette
rubrique "libre tribune" est un espace
offert aux internautes du site www.chinoisdefrance.com.
Ce lieu d'expression souhaite proposer divers articles,
des points de vue, des informations, des projets, des
idées, des résumés d'ouvrages, des études, des travaux,
des films, des opinions diverses... dans le respect de
la loi, de la règlementation en vigueur, d'une écriture
présentée correctement et des règles de courtoisie. Il
est destiné à un public varié : chercheurs, professeurs,
étudiants, dirigeants, cadres d'entreprises, hauts-fonctionnaires,
élus, membres d'associations, artistes, particuliers Chinois
ou Occidentaux.... Les projets soumis doivent parvenir
au Directeur
de la rédaction par courriel. |
| |
|
L'ensemble
des idées, opinions, projets exposés ... et tous les articles
présentés dans cette page et cette rubrique n'engagent
que la seule responsabilité de(s) l'auteur(s) concerné(s).
Ils ne sauraient représenter la position officielle ou
l'avis de la rédaction du site, ni même représenter la
position ou l'opinion du Directeur ou des responsable
du site. |
| |
|
LES
FRANÇAIS DE TIANJIN par François de la Chevalerie,
entrepreneur installé à Tianjin
|
La
présence française à Tianjin remonte au milieu du
XVIIIème siècle. Un jésuite du nom d'Hector
de Zondth s'établit au bord du fleuve Hai dans ce
qui est alors une petite bourgade. Au service d'un
seigneur, le religieux enseigne des rudiments de
mathématique tout en subtilisant au passage des
techniques inconnues en Occident. Hector de Zondth
se fond discrètement dans la population, joue profil
bas. Il n'entend pas perturber les habitudes d'un
peuple engoncé dans les traditions. D'autres jésuites
lui succèderont, tous prudents.
Le
traité de Pékin (1860) offre à la France une concession
à Tienstin, ainsi dénommée à l'époque.
Sans tarder, des vaisseaux tricolores mouillent
dans la rade de Tanggu. Militaires et religieux
se déploient le long du fleuve. Un orphelinat français
est construit. La présence occidentale est désormais
visible, bientôt dérangeante. Cette intrusion n'est
pas du goût de tous. Le zèle prosélyte incommode.
S'ensuivent des bousculades. En juin 1870, une foule
saccage l'orphelinat français (Wanghailou). Venu
à la rescousse, le consul français est tué. Dans
la mêlée, 17 étrangers dont dix religieuses sont
abattus.
La
France, alors très affaiblie, s'interroge. Doit-on
dépêcher sur place une canonnière ? Contre toute
attente, le commissaire impérial chinois présente
ses excuses. Une sévère répression s'abat contre
les fauteurs de troubles. La paix revenue, la présence
occidentale se renforce. D'abord limitée à des religieux,
la communauté française s'élargit à des architectes,
des ingénieurs. Tientsin devient aussi l'incontournable
étape des aventuriers. « Cette ville, c'est la future
Babylone ! » proclame Adolphe Rouvillois, un ingénieur
français. A Tientsin, l'appétit des constructeurs
est insatiable. Chaque pays occidental aménage sa
concession avec l'idée d'y bâtir d'indélébiles vestiges.
Tientsin, l'allemande ! Tientsin, l'anglaise ! Tientsin,
l'autrichienne ! Tientsin, l'Italienne ! Tienstin
s'enorgueillit aussi d'être une ville française.
D'un
côté, le Hai He ; de l'autre, les axes alors embryonnaires
de Nanjing lu et Ufu dao ; la section française
s'étire sur une cinquantaine d'hectares. Dans le
quartier de Heiping, des maisons se dressent. En
fait, de véritables bâtisses empruntant à plusieurs
styles. La plupart seront occupées par des Seigneurs
de guerre. A quelque encablure de Nanjing lu, s'élève
une église française. Toutefois le pont métallique
enjambant le Hai, le jardin circulaire et la rue
Chifeng dao, généreusement bordée de petites maisons,
illustrent le mieux l'ingéniosité française.
Au
tournant du siècle, Tientsin est en pleine expansion.
Comme elle nous apparaît aujourd'hui, la ville ne
semble retenue par aucune limite ! Toutes les nationalités
s'y côtoient. Anglais, allemands, Américains, Italiens
sont les plus nombreux mais les français forment
une communauté solide. Alsacienne de souche, Hortense
Helmer tient un salon, rue Hami dao. Se gorgeant
au thé vert, les français s'y retrouvent la nuit
tombante. Quand éclate la guerre de 14, les français
adressent une missive à la délégation allemande.
Ton sobre et clair : « A partir de maintenant, chacun
restera chez soi ! » Même à Tientsin, la guerre
s'insinue !
Les
français s'enferment dans leur enclave, l'oeil aux
aguets. Chaque lundi, un convoyeur traverse la ville
en charrette. Au poste d'accueil de chaque concession,
il livre des liasses de journaux. Ce sont les nouvelles
du front, veilles de plus d'un mois, parfois plus
! Parfois un incident éclate, un allemand ivre s'aventure
dans le quartier français. Que faire ? Prendre les
armes ? Déjà, l'on se compte ! Alerté, un seigneur
chinois déclare : « L'auriez-vous oublié ? Nous
en sommes en Chine ! » Une autre fois, exaspérés
par une guerre qui n'en finit pas, des français
entonnent la marseillaise à la lisère de la concession
allemande. Les allemands répondent par des chants
militaires. La joute nationaliste n'est pas vraiment
sérieuse. Les chinois rient, acclament d'insolites
comédiens, plutôt piètres chanteurs ! A la messe
dominicale de l'église de Nanjing lu, la répartition
des bancs est savamment orchestrée : bavarois et
austro-hongrois sur l'aile gauche ; français, italiens
et anglais sur l'aile droite.
«
L'après guerre, ce fut comme un délice ! » note
un voyageur français. La concession allemande dissoute,
la ville est désormais entièrement accessible. L'année
1928 marque l'apogée de Tientsin. L'on dénombre
alors 112 français, deux fois plus d'hommes que
de femmes ! Les français sont dynamiques, entreprenants,
la plupart déterminés à ne jamais quitter la ville
! L'un d'eux a le projet de construire un opéra,
un autre s'enthousiasme à l'idée d'élever un arc
de triomphe. Cependant, ils vivent à l'écart de
la population, se mélangent peu. Rares sont ceux
qui maîtrisent le mandarin. En 1932, Teilhard de
Chardin y passe un long séjour, « le temps, dit-il,
de prendre langue avec cette grande culture ! ».
Et puis, le glas ! 1937, l'invasion Japonaise !
La plupart des français quittent la ville. Beaucoup
prennent la route de l'Annam et du Tonkin. D'autres
s'exilent en Californie. Lorsque l'empire du soleil
levant rend les armes, le plaisir n'y est plus.
Certains s'accrochent mais le temps est compté.
1948, l'hiver est pluvieux, le ciel saumâtre. Un
air de nostalgie plombe le quartier français. Les
bâtisses sont abandonnées, certaines prennent l'eau.
1949, la révolution populaire, les derniers français
plient bagage.
Silence,
maintenant ! Une chape de plomb s'abat sur la ville,
bientôt coupée du monde ! Le très francophone Zhou
Enlai séjourne souvent à Tianjin où il a vécu une
partie de sa jeunesse. Il descend à l'hôtel Astor.
Soudain, il lâche un très inattendu « garçon ! »
à l'adresse d'un serveur médusé. Pendant la révolution
culturelle, des étudiants français y passent de
courts séjours, certains à l'Université de Nankai.
Curieusement, aucun ne garde un mauvais souvenir
de cette période. « Malgré les remous, raconte l'un
d'eux, nous y sentions très bien. Jamais nous n'avons
subi la moindre provocation ! » Tout de même, ils
se tiennent à l'écart des zones sensibles, notamment,
Tanggu, le district portuaire. Fin des années soixante
dix, Deng Xio Ping lève la parenthèse. Lentement,
Tianjin reprend des couleurs. Confident de Deng
Xio Ping, Jacques Van Minden, le truculent Président
du Cercle franco-chinois, mise aussitôt sur cette
ville dont il assure « qu'elle est plus belle que
Beijing ! » Selon le consulat de Beijing, une cinquantaine
de français seraient domiciliés aujourd'hui à Tianjin,
chiffre infime pour une population évaluée à 10,4
millions d'habitants. Des expatriés, des étudiants.
La seule perspective de l'installation d'airbus
devrait faire doubler les effectifs.
Cependant
une nouvelle génération de français s'annonce. Ni
expatriés, ni fonctionnaires, plutôt des entrepreneurs,
des architectes, chercheurs, artisans et créateurs.
Bravant les peurs, ils n'ont pas de préjugés. Le
choix de Tianjin n'est pas le fruit du hasard. Souvent,
un ami ou amie chinoise leur en ont ouvert les portes,
les secrets. Donc, avant les affaires, l'amitié
! Jeune architecte, originaire de Rouen, le parcours
d'Alexandre en témoigne. S'étant lié d'amitié avec
Christine Liu, une urbaniste, lors du séjour de
celle-ci en France, Alexandre décide de s'y rendre.
Aussitôt sur place, il est embauché dans une société
de construction où le chinois est la langue exclusive.
Il s'accommode aussi d'un salaire local.
Le
risque valait la chandelle, il est désormais reconnu.
« Nous ne répéterons pas l'erreur de nos aînés,
assure Jacques. Péchant par arrogance, ils se tenaient
à distance des chinois. Nous préférons l'immersion
! Et, bien sûr, nous parlons le mandarin avec l'inimitable
accent nasillard du Bohai ! » A leur côté, les franco-chinois
incarnent aussi le renouveau de la France. Plus
d'une centaine ont regagné le pays. Tel M. Dai arrivé
en France sans le sou, désormais prospère homme
d'affaires, Président de la zone industrielle Europe.
Le rythme s'accélère. En 2008, plus de deux cents
français devraient vivre à Tianjin, peut-être plus
! Eparpillés dans les quatre coins de la ville,
rares sont ceux qui résident dans l'ancienne concession
française. Toutefois, en fin de semaine, ils respirent
un petit air de Paris. Ils s'aventurent alors dans
l'ancienne concession, prolongeant jusqu'à l'étonnante
réplique du pont Alexandre III, récemment construit.
|
|
|
Chine
et Europe : la guerre du temps court et du temps long
par François de la Chevalerie, Président
de China Messengers et Franck Filatriau,
Secrétaire général de l'As. Messagers de Chine
|
|
«
A long terme, nous serons tous morts ! » lançait John
Maynard Keynes, en 1923, dans son « Essai sur la Réforme
Monétaire ». Curieusement ce refrain aux allures millénaristes
fait fureur en Chine où l'ouvrage de l'économiste a été
réédité à quatre reprises. Comment ce pays à la civilisation
vieille de cinq mille ans et, de surcroît, toujours engoncé
dans une économie planifiée, se prête-t-il au jeu de l'éphémère
?
La
Chine ne serait-elle pas adepte « du temps court » ? Depuis
1978, date du redémarrage de son économie, le développement
du pays, d'inspiration opportuniste, privilégie le court
terme. Sauf certains projets politiques (conquête spatiale,
gros travaux), les Chinois mobilisent rarement énergie
et argent sur des engagements à l'effet lointain. Rattraper
le retard, prendre des parts de marché, répondre à une
immense demande et in fine consommer, toutes choses qui
ne laissent guère de place à une structuration de la pensée
sur le long terme.
Cette orientation se retrouve dans les discours officiels
aussi bien à l'échelle de l'Etat que dans les provinces.
Très formatés, vertébrés sur des slogans promotionnels,
ils valorisent l'exécution plutôt que la réflexion. Ils
font écho à une réalité entreprenariale évidente, notamment
dans l'aménagement urbain. Tel un ballet infernal, à chaque
coin de rue, construction, démolition, reconstruction
surgissent nuit et jour.
Qu'importe
la destruction de bâtisses centenaires ! Sous couvert
d'une forte croissance, modernisme et temps court forment
un excellent compagnonnage !
A
l'inverse Les Européens privilégient le temps long.
Dans une Europe convertie en un immense musée, les projets
de développement sont rares, d'ampleur limitée et à la
mise en oeuvre compliquée. La réalisation de toute nouvelle
construction s'apparente à un chemin de croix. Entre les
autorisations, l'activisme des associations de riverains
et la réglementation, le temps long s'impose, bientôt
interminable. Pareillement, dans les entreprises Européennes,
le processus décisionnel est souvent victime d'un simulacre
de démocratie. Consultations, expertises et études de
marché s'étirent en longueur alors qu'en Chine le chef
décide, parfois très vite. Souvent seul compte son intuition,
l'idée qu'il se fait du développement de son entreprise.
Dans
les échanges entre la Chine et l'Europe, le phénomène
s'aggrave. Possédé par la rumeur, l'entrepreneur européen
se méfie de tout : des fondamentaux de l'économie chinoise,
de la convertibilité, de la contrefaçon et des escrocs
! Du coup, il agit tardivement et trop méthodiquement.
Nullement favorable au développement des échanges, ce
comportement concourt à l'inhérente faiblesse des exportations
françaises vers la Chine.
Si
d'aventure l'européen veut reprendre le dessus, il lui
faudra chahuter ses habitudes et choisir, comme
mode de fonctionnement, le temps court sans jamais renoncer
cependant à ses qualités managériales, sa vraie valeur
ajoutée.
Article
de François de la Chevalerie et Franck Filatriau
|
|
|
|
L'expérience
"
Europe - Chine " avec les meilleurs experts. Formations,
séjours en Chine, consommation Chinoise en Europe, accueil des
VIP Chinois. Nos relations publiques et conseils
pour les cadres et dirigeants Français et Chinois. Management,
conférences, découverte des cultures.
Dr Pierre Picquart
Tél. : 06 15 07 88 80
p.p@9online.fr
|
TRAVAUX SCIENTIFIQUES

English
scientific Reports & Missions
Etudes & rapports scientifiques en Français
International European reports, Missions, Articles
and Scientific Studies Extracts©
Rapports UE
internationaux
Missions, Etudes Scientifiques, Extraits ©
|
Copyright
©
Dr Pierre Picquart
Tous droits réservés |
|
|
| DR.
Pierre Picquart COOPERATION
" UNION EUROPEENNE - CHINE " RAPPORT FINAL D'EXPERTISE "
CAMPAGNE D'INFORMATION EN Chine CONTRE LES MIGRATIONS ILLEGALES
(EUCAIM)
© |
| |
|
DR.
Pierre Picquart
Rapport scientifique pour la DPM :Historique, stratégies
et étude du mouvement associatif Chinois en France
©
|
| |
|
|
| |
|
|
|
|
|
Présentation
Dr Pierre Picquart
Pierre Picquart, Docteur en Géopolitique
spécialité Géographie Humaine de l'Université
de Paris-VIII, Expert international, Universitaire, Chroniqueur,
Directeur du CEDRIC (International Consulting), Directeur du site
Chinois de France, Ecrivain (L'Empire Chinois et la Forme Olympique
de la Chine aux éditions Favre), est un consultant international.
Après
sa thèse de doctorat en 1999 sur "Les
Chinois de Paris", 3 tomes, 1 147 pages, il se rend
en Chine, étudie les
communautés chinoises d'Europe, puis mène des
missions institutionnelles (prévention
des conflits, migrations
chinoises, structures des associations
chinoises, etc.) pour les Etatset l'Union Européenne.
Expert international, il dirige de nombreuses missions en Europe
et dans le le monde. Auteur
de nombreux articles et travaux géopolitique, il dirige
actuellement des missions internationales, interculturelles, humaines,
sociétales et économiques dans
le monde entier.
|
|