Extraits © Dès
les années 1990, les communautés chinoises sont bien implantées
à Paris. Elles forment des pôles communautaires qui vivent "en
développement séparé" de la société française, tout en
donnant l'impression tout à fait relative de s'intégrer, grâce
notamment au succès économique de leurs quartiers dynamiques
et à des présences discrètes. Pour la majorité des politiques
de l'époque, des responsables de tous bords, les choses sont
claires : "Les Chinois s'adaptent, réussissent, sont discrets,
travailleurs, ne posent pas de problèmes". Donc ; "il
n'y a rien à voir" ; "les Chinois vivent entre eux
mais ne posent pas difficultés. Les responsables de l'époque
ne voient pas ou ne veulent pas voir venir le renforcement et
la multiplication des pôles communautaires chinois et les vagues
migratoires économiques chinoises qui ne cessent d'affluer vers
la France. Pierre Picquart écrivait en 1999 : "Bien des choses ont été écrites sur les communautés étrangères implantées en France, sur les effets de limmigration et sur l'intégration. Néanmoins ces mouvances de société suggèrent de nos jours bien des questions géopolitiques majeures et appellent des analyses complémentaires. Avant d'en délibérer, il est nécessaire à l'heure actuelle de sintéresser à la diaspora chinoise". Effectivement, nous étions en terrain inconnu au sujet des communautés chinoises. Après les Boat People - dont on ne parlait guère plus - le monde chinois de France ne cessait de se développer dans d'autres quartiers parisiens et l' importance numérique des migrants ne cessait de croître. On parlait peu également de la montée en puissance de l'économie chinoise, pourtant bien perceptible dès cette époque. "Cette population originale de la région parisienne est issue de lEtat le plus peuplé du monde, la République Populaire de Chine. Limportante diaspora contemporaine (plus de 100 millions dindividus) fascine toujours par son adaptabilité, sa cohésion, sa réussite, son originalité, son mystère, ses mythes, et son exotisme culture". La première trajectoire de la thèse relate "la mutinerie" des sans-papiers Chinois. Ce mouvement a amené lensemble des Chinois à repenser leur place dans leurs silencieuses et secrètes communautés. Les jeunes Chinois sont de plus en plus en quête d'une intégration républicaine, alors que leurs aînés tentent de maintenir leurs traditions, dans des communautés vivant " en développement séparé " et de façon endogamique. Lauteur simmerge ensuite avec des jeunes Chinois dans les discrètes Chinatowns parisiennes. Dans une approche danthropologie sociale, il présente quatorze interviews de jeunes Chinois puis de responsables socio-éducatifs, des libres paroles recueillies dans la vitrine exotique et secrète Chinoise du XIIIème arrondissement. La seconde trajectoire raconte la conquête urbaine des Chinois dans Paris ; les stratégies de réussite, de conquête économique et commerciale, les aspects éducatifs et socioculturels, les coutumes et les zones d'ombres. Lespace chinois de Paris est scanné, en particulier la vitrine stratégique du XIII ème arrondissement, quartier à la mémoire plurielle, non conformiste et polyphonique, qui a permis aux asiatiques de simplanter et de se reconvertir largement dans l'épicerie extrême orientale, dans la restauration, puis dans des activités très diversifiées. La
troisième trajectoire prend sa source dans lappel
géopolitique des mers du Sud de la Chine et dans un long
parcours migratoire à partir du XIème siècle.
Elle analyse les flux, retrace les filières géo-dialectales,
décrit les influences. Puis arrive lhistoire des
Chinois de France de la Grande Guerre, les rivalités
étudiantes, les présences discrètes, les
boat-people, les migrants politiques et économiques.
La formation de limmigration chinoise en France seffectua
par le biais de plusieurs vagues migratoires et les quartiers
chinois connurent de multiples aspects. Pierre
Picquart. « Les Chinois à Paris » |

